Que devient George Romero ?

Culture Vidéo Écrit par le

Il y a beaucoup de maîtres de l'horreur : John Carpenter, Wes Craven, Lucio Fulci, Dario Argento et j'en passe. C'est de l'un d'eux dont on va parler aujourd'hui. Beaucoup le considère comme l'inventeur des zombies, mais il est plus généralement l'inventeur du film de zombie. Vous l'aurez compris, c'est de George A. Romero que l'on va parler. Si vous ne savez pas qui est ce monsieur, c'est que vous êtes encore un noob dans le domaine de l'horreur parce que c'est une légende.

George commença à faire du cinéma à l'âge de 14 ans avec une caméra 8mm, mais c'est à l'âge de 28 ans qu'il commença réellement à en faire un business en fondant la société Image Ten Productions avec des amis. Ils utilisent cette société pour récolter 114000$ dans le but de réaliser son premier long métrage : La nuit des morts-vivants en 1968.

On raconte sur ce film que Romero eut quelques démêlés avec la justice américaine lors du tournage de l'une des scènes. Il se serait équipé d'un mannequin avant de monter sur son toit, de lui mettre le feu et de le jeter dans son jardin sous l'objectif de sa caméra et l'oeil de policier médusé par le spectacle qui lui feront sans nul doute, un rappel à la loi.

La nuit des morts vivants sortit finalement au cinéma et rapporta plus de 4 millions de dollars ce qui en fait le film indépendant le plus rentable de l'histoire du cinéma.

La nuit des morts-vivants

Fort de ce succès, George n'en resta tout naturellement pas là. Il réalisa en 1971 There's Always Vanilla, une comédie dramatique. L’année 1972 voit son grand retour au cinéma d’horreur avec Season of the Witch, un drame horrifique mettant en scène une femme au foyer qui s’essaie par curiosité à la sorcellerie avant de finalement plonger dans une psychose assassine.

Season of the Witch

En 1973, Romero réalise La nuit des fous vivants qui raconte l’histoire d’infecter (rien à voir avec les zombies) qui s’attaquent à la ville de Evans City. Un remake sera réalisé en 2010 portant le doux nom de The Crazies(nom original de La nuit des fous vivants) et réalisé par Breck Eisner.

Après quatre années d’absence, le réalisateur réalise ce qui reste pour moi l’un des films de vampire le plus marquant que j’ai pu voir : Martin.
Le film raconte l’histoire de Martin, un jeune homme de 17 ans qui tue et viole dans le but de boire le sang de ses victimes au préalable démembrées. Là où le film fait fort pour l’époque, c’est que Romero, via l’oncle de Martin, nous fait nous demander s’il est réellement un vampire ou un psychopathe.

Martin

Mais ce qui fait la célébrité de Romero c’est sa critique aiguisée de l’Amérique de l’époque au travers de ses films de zombie. C’est donc tout naturellement qu’il revient au genre qui la fait connaître avec Zombie. Chef d’oeuvre absolue du réalisateur, le film dénonce la société de consommation et fait polémique en France suite à des effets gore de cervelle qui explose, de sang qui gicle et d’entrailles fugueuses. Zombie aura même droit à son remake en 2004 par le génial Zack Snyder et intitulé L’armée des morts. Pas aussi critique que l’oeuvre de Romero, ce remake n’en reste pas moins un film clé qui relança l’engouement actuel pour les morts vivants.

Zombie

Romero ne souhaite pas être catalogué et réalise donc des films de tout style et son long métrage suivant ne déroge pas à cette règle. Il décide donc de réaliser en 1981 le film Knightriders, un GN médiéval sur fond de joute à moto totalement décalé et culte. Avec ce film, Romero laisse de côté la violence de ses précédents films pour ne laisser place qu’à une démarche contestataire.

Mais l’instinct et la passion sont plus fort que tout et Romero retourne vers l’horreur en réalisant en 1982 Creepshow, une série de 5 sketches écrits par Stephen King dans lesquels le réalisateur peut allier humour et horreur. Comme toujours, le film sera un réel succès rapportant 21 millions de dollars sur une mise de 8 millions.

Creepshow

En 1985, Le jour des morts vivants, troisième volet de la saga des zombies de Romero sort au cinéma. Toujours aussi critique, l’action, elle, est moindre si on le compare à Zombie, mais le film reste un succès critique et commercial. Pour son film suivant, il restera dans le domaine de l’horreur en réalisant Incidents de parcours. Un film qui raconte l’histoire d’un homme paraplégique qui reprendra goût à la vie lorsqu’il se verra offrir un singe du nom de Ella qui, malheureusement, finira par devenir violent envers tous ceux qui s’approcheront de son maître.

En 1990, Romero s’associera avec son ami Dario Argento pour réaliser chacun un des segments du film Deux Yeux maléfiques qui allie humour et horreur et tous deux tirés de deux histoires du maître Edgar Allan Poe.

Deux ans après, il réalise ce qui sera son premier échec commercial : La part des Ténèbres. Adapté du roman de Stephen King du même nom, le film raconte l’histoire d’un écrivain qui se retrouve lié à une série de meurtres. Or, il sait qu’il n’y est pour rien, mais quelqu’un cherche à lui faire porter le chapeau. Le film fût réalisé avec un budget de 15 millions, mais n’en rapporta que 10 ce qui, en fait un échec commercial malgré les bonnes critiques et les trois prix reçus.

La part des Ténèbres

Le Break de Romero !

Cet échec déprima un peu Romero qui ne reviendra au cinéma que 8 ans après. Bruiser raconte l’histoire d’un homme se réveillant un beau matin sans visage, ayant perdu son identité et qui se lancera dans une revanche contre tous ceux qui l’ont jusqu’alors humilié. Le film ne connaîtra pas le succès escompté et Romero se plongera à nouveau dans un silence de 5 ans avant de revenir aux sources avec Le territoire des morts.

En 2005 donc, George Romero sortira ce qui sera le quatrième épisode de sa saga sur les Zombies : Le Territoire des morts. Dans ce film, le réalisateur fait évoluer ses zombies en les dotant d’une intelligence, certes primaire, mais qui les rend plus dangereux.
Avec un budget de 15 millions, le film en rapporta environ 47 ce qui en fait le succès commercial que Romero attendait depuis plus de dix ans.

Le territoire des morts

Ce succès donnera des ailes à Romero qui se lancera dans son cinquième volet de sa saga : Chronique des morts vivants. Surfant sur la vague du found-footage, il signe la encore une critique exacerbé de la société, mais surtout de la télévision. Tourné avec un budget de 2,5 millions, le film en rapporta 5,3 ce qui en fait un petit succès commercial, mais suffisant pour annoncer le sixième volet de sa saga.

L’année 2009 verra sur ses écrans Le vestige des morts vivants, sixième volet de La saga des Zombies de Romero qui raconte l’histoire d’une humanité perdue au milieu des zombies alors que sur une île, une guerre entre deux familles se lance. Alors que le budget s’élevait à 4 millions de dollars, le film rapporta 725000$ sur le sol américain ce qui en fait, un échec cuisant pour Romero.

En 2010, le réalisateur sort Solitary Isle, un film d’horreur qui n’est toujours pas sorti en France et qui raconte l’histoire d’un groupe d’individus partie en expédition sur une île et qui se retrouveront face à des forces obscures.
Il devait aussi sortir la même année Diamond Dead, une comédie musicale d’horreur sur fond de rock’n’roll dans la lignée du Rocky Horror Show. Mais l’engouement des fans pour les films de zombie sérieux tel que L’armée des morts et plus récemment The Walking Dead, ont contribué à ce que les fans délaissent le film jusqu’à le voir annulé.

Et maintenant ?

Depuis 2010 c’est le calme plat pour le réalisateur. Les seules fois où l’on entend son nom, c’est pour des hommages dans certains jeux vidéo comme dans Call of Duty : Black Ops.
Si il semblerait qu’il ait abandonné le cinéma, Romero n’en reste pas moins amoureux de ses zombies et a créé le comics Empire of the Dead, disponible en deux tomes pour le moment uniquement aux États-Unis.
Âgés de 74 ans le 4 février prochain, je ne pense pas que le maître reprendra de sitôt sa caméra pour nous faire rêver, mais l’un n’empêche pas l’autre. Harrison Ford va bien reprendre son rôle de Han Solo et peut-être celui d’Indiana Jones. C’est moins physique pour Romero donc on a peut-être nos chances.

George A. Romero


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