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Pirates of the Caribbean : Dead Men tell no Tales
Pirates of the Caribbean : Dead Men tell no Tales
Durée : 0:31
Editeur : Walt Disney Pictures
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Interview de Karen Strassman, une actrice et doubleuse de talent !

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Karen Strassman est une actrice, une comédienne de doublage et un coach vocal. Elle est connue dans le monde entier pour les centaines de personnages qu'elle a créé sous différentes formes.

Elle se plaît à imaginer des personnages dont l'âme humaine brille et qui divertissent l'enfant en nous. Que ce soit devant la caméra ou derrière le micro, Karen est très polyvalente. Elle a de nombreuses réalisations autant dans le domaine des anime que des jeux vidéos, notamment dans des séries télévisées telles que Bleach (Soifon, Momo Hinamori), Code Geass (Kallen Stadtfeld), Lucky Star (Miyuki Takara), et K-ON! (Sawako Yamanaka). Du côté jeux vidéo, ses rôles incluent Dead or Alive (Helena Douglas), Sonic (Rouge the Bat), et Persona (Aigis, Nanako Dojima). Elle a aussi joué des personnages assez variés, tels que la brillante et empathique scientifique Devra Bogdanovich dans Ingress, une immigrante mourante de l'Irlande du Nord, une docteure et une avocate, partant d'une excentrique comptable obsessive compulsive et livresque dans Weeds jusqu'à jouer la mère dépravée d'un tueur dans Criminal Minds.

C. B. : Vous avez fait des études d’art dramatique, et vous faites beaucoup de cinéma ainsi que du doublage. Cela reflète-t-il quelque chose par rapport à vous ?

K. S. : Je fais autant de « live action » que de doublage, beaucoup de télévision, du cinéma. Par exemple je tourne beaucoup en ce moment. Bon, il y a des périodes où j’ai du doublage, des périodes où je fais plus de voix de jeux vidéo, il y a des périodes où je fais de la télé, enfin ça dépend. Je pense que c’est parce que je suis plus connue pour mon travail de voix. Mais j’ai la chance de faire du doublage et du « live action », et je suis passionnée par les deux. J’adore faire du travail devant la caméra, créer les films et faire des séries télévisées. J’adore la qualité intime que cela a, la relation entre les acteurs, la magie qui se passe sur le plateau. Mais en même temps j’adore le jeu et tout ce qu’on peut faire avec la voix.

C.B. : Est-ce un plus grand défi de faire du doublage, car vous n’utilisez que votre voix pour exprimer toutes les émotions, tout ce que votre personnage vit, tout ce qu’il se passe sur l’écran ?

K. S. : Pas vraiment. C’est différent, car cela demande des capacités différentes. C’est-à-dire que quand on fait spécifiquement du doublage, il y a des défis spécifiques dans ce domaine. Car il faut avoir le même sentiment que le personnage, le même sentiment que le comédien japonais ou français qui a fait la voix avant moi. Et aussi si la personne souffle, ou si le personnage pleure ou fait des efforts, il faut regarder la bouche et le corps pour bien ajuster sa voix. Ce sont des défis techniques mais très plaisants à faire. C’est comme pour des gens qui aiment faire du basket, qui aiment marquer des paniers. Pour nous c’est pareil mais on met notre voix dans la bouche d’un personnage. J’aime bien ce challenge, ça me plait. Mais en même temps, quand on fait du « live action », là il y a d’autres défis. On doit marcher, puis par exemple je m’assois là, mais il faut être à tel endroit pour que je sois dans le champ de la caméra, et si je m’assois ailleurs cela pose un problème. Et en même temps je dois parler, écouter, je dois prendre la tasse de thé, et boire. Mais si sur la dernière prise j’ai bu une gorgée de thé à un certain moment, souvent on nous demande de le refaire au même moment pour que ça soit raccord. Donc il y a plein d’autres défis techniques quand on est sur un plateau. Et tout ca me plait car ca fait partie du jeu, ca te garde éveillée.

C.B : Vous interprétez beaucoup de personnages autant en live action qu’en doublage. Vous faites du jeu vidéo, de l’anime, des films, des séries, etc. Est-ce que ça reflète quelque chose en vous, est ce que vous aimez cette variété, est-ce que vous en avez besoin ?

K.S. : Je trouve que l’être humain est riche, et c’est un privilège d’avoir l’opportunité de puiser, dans mes différentes facettes, que ça soit des côtés bête et maladroite, ou que ça soit des côtés élégants, ou que ça soit des côtés sexy, ou des côtés « tough girl » (fille robuste, dure). J’aime bien puiser là-dedans. Et ce qui est chouette avec la voix c’est qu’on peut faire plein de personnages qu’on ne pourrait pas faire en vrai. Par exemple, je ne suis pas mannequin, donc je ne jouerai pas les rôles de mannequin, ou je ne ferai jamais la fille du Golden Eye, « I won’t be the Bond girl ». Mais quand je fais de la voix, je peux ! Je peux être la fille grande avec les grandes jambes et beaucoup de poitrine et des choses comme ça, ou je peux être la vieille grand-mère. Et ça c’est chouette.

Aigis, du jeu Persona

C.B. : Nous parlons beaucoup de doublage, alors… Est-ce qu’il y a beaucoup de différences entre doubler un anime et un jeu vidéo, par exemple ?

K.S. : Oui. Quand on fait de l’anime, japonais par exemple, ou même quand je vivais en France, j’ai doublé beaucoup de dessins animés français, en anglais. Aussi parce que, souvent, on dit que ça vend mieux en anglais, parce que le monde entier… Mais que ce soit du français, du japonais ou quelque chose d’autre, faire du doublage c’est très spécifique car vraiment il faut regarder et être raccord, avec ce qui est là sur l’écran et ce que l’autre comédienne, d’une autre langue, a fait. Mais par contre, quand je fais des jeux vidéo, la plupart du temps on ne regarde pas d’images, et la plupart du temps il y a juste des papiers avec des fiches et des lignes de texte. Soit on le fait comme ça, sans écouter l’autre langue, soit parfois on veut que ça soit raccord avec le japonais ou une autre langue. A ce moment-là j’écoute la comédienne japonaise et puis j’essaie d’être un peu raccord avec ses intentions et souvent aussi on a besoin du timing, parce que, pour le jeu, la voix doit être dans un certain timing. Mais si ce n’est pas du doublage, et que c’est un jeu dont je fais la voix originale, je suis complètement libre de faire ce que je veux, de faire ce que le réalisateur ou le directeur du plateau voudrait. Il faut faire attention parfois sur le timing mais je peux vraiment inventer le personnage, avec le réalisateur du plateau.

C.B. : Vous participez donc à la création des personnages ! Mais est ce qu’il y a des personnages qui sont plus complexes à créer que d’autres ?

K.S. : Oui, il y a des personnages qui sont très simples. Par exemple, c’est une soldate, elle crie, elle est robuste, elle est dure, très bien. Ou par exemple je viens de faire la voix, dans plusieurs séries, pour Zero Virtue’s Last Reward… Quel est le nom… je suis en train de penser à moitié en français et à moitié en anglais donc je perds un peu des deux côtés, ça fuit des deux côtés (rit) ! (Le nom exact est « Zero Escape : Virtue’s last reward »). En fait je joue un personnage qui s’appelle Phi et elle, c’est un personnage intéressant parce qu’elle a une attitude (comprendre qu’elle est un peu arrogante voire insolente). Donc avec tout ce qu’elle fait, il faut toujours avoir cette petite attitude et quand on était en train de l’enregistrer, parfois je perdais l’attitude (l’insolence donc). Et la directrice du plateau me disait « Karen, elle perd l’attitude, trouve moi l’attitude ». Alors pour avoir cette attitude, je mettais toujours « idiot » à chaque phrase. Donc disons la phrase « allons les chercher ». Si je dis juste « allons les chercher », la directrice du plateau me dirait « non mais Karen ça perd l’attitude ». Mais avec « allons les chercher, idiot ! », la directrice me dit « parfait ! », et puis ils effacent « idiot » à la fin. Il y a des petits trucs comme ça qu’on a toujours pour trouver le personnage. Ou bien par exemple quand j’ai fait « Dead or Alive », le personnage de Elena qui avait un accent français, mais il y avait des moments où elle était plutôt sexy, et il y avait des moments où elle était plutôt rude, donc il fallait être raccord avec ça. Pour qu’elle ne soit pas trop sexy tout le temps, mais qu’elle ait aussi des côtés rudes, de trouver un équilibre avec tout ça.

C.B. : Donc y a-t-il des personnages que vous préférez faire plutôt que d’autres ?

K.S. : Il y en a qui sont tellement différents, par exemple Nanako, dans « Persona ». Elle est différente de, par exemple, Katana de « Mortal Kombat », mais elle est tellement innocente et tellement attachante. Chaque fois que je joue Nanako je quitte le studio avec le cœur léger car remplie d’amour, elle est tellement innocente. Mais en même temps je joue un personnage comme Katana, dans « Mortal Kombat », qui est sexy et rude, et je peux puiser dans ces côtés de moi-même, que je n’ai pas tous les jours ! (rit) Je quitte le studio et je me sens sexy et robuste. Donc c’est plaisant d’aller sur ces facettes différentes. Ou par exemple, en live action, je viens de faire « Silicon Valley » (série TV), dans lequel j’ai joué un avocat un peu salope, et dans la vie je suis plutôt timide et gentille, et c’était hyper plaisant d’être une avocate, un peu arrogante, un peu agressive, qui s’en fout de ce que les gens pensent d’elle. Donc c’est encore un peu la même réponse, j’aime bien puiser dans des choses différentes.

C.B. : Donc c’est assez intéressant de voir que vous vous attachez aux personnages et que vous avez un lien avec eux, au final…

K.S. : Absolument. Il y a un personnage que j’ai fait. Je ne sais pas si vous connaissez la série “Weeds”, c’était une grande série aux Etats-Unis, avec Marie-Louise Parker et Kevin Nealon, c’était de Jenji Kohan, qui est aussi la créatrice de « Orange is the new black ». J’ai joué un personnage pendant la saison 7 de Weeds, et elle avait des petites lunettes de bibliothécaire, elle avait un peu d’attitude, elle était très nerdy et elle avait un petit côté oiseau. C’était un tel plaisir de jouer ce personnage, de vraiment ne pas être élégante mais plutôt sortir mes côtés un peu nerdy. C’était vraiment super !

Kitana de Mortal Kombat

C.B. : Vous êtes aussi coach vocal, depuis quand et comment l’êtes-vous devenue ?

K.S. : J’ai grandi aux Etats-Unis, Washington D.C. Mon père était New-Yorkais et ma mère était danoise, donc j’ai passé pas mal de mon enfance au Danemark. Et quand j’étais à l’université, à Boston, je me suis dit « c’est très chouette les universités américaines mais j’ai envie de rentrer en Europe, et ça me manque ». Et je me suis dit que je pourrais rentrer au Danemark, mais que ce serait bien d’aller quelque part d’autre, où je connais moins la langue, et où je peux l’apprendre. Donc j’ai décidé Paris. A la fin de mes 19 ans, j’ai commencé à aller à Paris, à vivre là-bas, et j’ai commencé des études de psychologie, à Jussieu. Ce n’était pas à la Sorbonne mais à Censier d’Obortin, une autre université à Paris. Et j’ai pris des cours de théâtre dans un petit théâtre du 6ème qui s’appelle « La Luzernière » (maintenant renommé La Luzerne). C’était il y a bien longtemps ! Nous n’avions pas d’ordinateur donc on avait des tableaux de bulletins, d’annonces. Et j’ai vu une petite annonce sur ce genre de tableaux. Il y avait un studio français qui cherchait quelqu’un pour faire un apprentissage, pour le coaching d’accent, pour les comédiens français. Parce qu’il y a toujours beaucoup de co-production du Canada, des Etats-Unis, où les comédiens français ont besoin de parler anglais pour avoir des rôles. Et ça a existé pendant longtemps je pense, mais ils viennent de fermer leurs portes, il y a quelques années, ça s’appelait « Le studio VO-VF ». Et c’était près de la rue de Seine, dans le 6ème. Près de l’église Saint-Germain-des-Prés. J’y suis allée, j’ai passé une entrevue, et ils m’ont donné la position. J’ai passé un an à faire un apprentissage avec eux et j’étais très douée à ça. Et l’année d’après ils m’ont donné une position pour l’année, payée, pour être coach vocal, et coach de dialecte. Je devais rentrer à Boston, aux Etats-Unis, finir mes études de psychologie, ce qui m’intéressait mais pas vraiment, parce que mon rêve était toujours d’être comédienne. Mais je ne suivais pas ce rêve car je ne me pensais pas assez douée. Raison pour laquelle les gens ne suivent pas toujours leurs rêves… Et donc je commençais à travailler partout, en tant que coach pour les français et j’allais dans les domiciles privés des comédiens. J’ai coaché Robert Hirsch, pour plusieurs films, j’ai coaché Jacques Perrin, le fils de Jacques Perrin, j’ai coaché Marianne Chazel, Julie Delpie, quand elle avait 14 ans, que les français connaissent mais que les américains ne connaissent pas. Et on commençait aussi à m’envoyer sur les plateaux, et je coachais les comédiens français sur les plateaux, en anglais. Quand j’étais sur les plateaux, il y avait une série télévisée que je coachais, et le réalisateur a dit « elle est mignonne, la petite Karen, donc on va la mettre dans une scène ! ». Alors j’ai dit « d’accord », ils m’ont envoyée dans les coulisses pour m’habiller, ils m’ont mis dans une jolie robe, et j’ai joué une scène. Après ça j’ai eu un agent en France… Et tout a commencé un peu comme ça. J’ai commencé à faire du doublage, j’ai commencé à doubler des films de français à anglais. Par exemple, j’étais la voix américaine de Vanessa Paradis, à l’époque, quand elle a fait « Noces blanches » et plusieurs films. J’étais la voix américaine de Virginie Ledoyen. J’ai aussi fait la voix de Juliette Binoche. Et puis j’ai commencé à faire des dessins animés et des jeux vidéo, donc je coachais. Et en même temps je faisais de la télé. Et puis j’ai fait un an au conservatoire aussi, j’ai appris à faire du Molière et du Racine en français. Il a fallu travailler mon accent… (rit) que j’ai perdu maintenant ! J’ai un accent plutôt américain.

C.B. : C’est vraiment un grand parcours… Voire même un parcours génial !

K.S. : Et c’était vraiment chouette car j’ai eu beaucoup de chance ! Et en même temps j’ai dit « oui » à beaucoup de choses, et j’avais pas mal d’ambition. Quand je voyais une opportunité, je disais « oui », mais j’avais aussi énormément de chance… Pour quelqu’un qui ne se croyait pas assez douée, et pas assez jolie pour faire tout ça ! (elle rit) Ça a marché quand même !

C.B. : Finalement c’est que vous deviez aussi avoir le talent nécessaire pour le faire !

K.S. : Apparemment j’en ai un peu ! (elle rit) Mais j’ai aussi eu de la chance.

J.L.D. : Et peut être juste une dernière question… Avant de faire du doublage, étiez-vous déjà intéressée par l’anime, les jeux vidéo et les mangas ?

K.S. : Non, à l’époque ça ne m’est pas venu à l’esprit du tout que je pourrais faire du travail de voix. Du tout ! Le premier travail de voix que j’ai fait c’était… Il y avait des magazines pour les enfants en France, à Paris, qui s’appelaient « Hi Kids », et il y avait des petites cassettes. Et on m’a employée pour faire des voix de personnages sur ces cassettes. Et c’est la première fois que j’avais fait des voix. Ça s’est bien passé, et il y avait d’autres comédiens anglophones, qui connaissaient des gens qui faisaient du doublage, des films de français en anglais. Donc ils m’ont donné leur numéro, et j’ai commencé à travailler pour eux, donc ça a commencé à grandir. Mais non, quand j’étais petite fille, ça ne me venait pas à l’esprit que je pouvais faire des voix de dessins animés, du tout !



P.S. : Merci à Karen pour cet interview fort passionnant, et pour sa gentillesse ! Elle a été adorable et a su nous aider à mener cet interview à bien, malgré notre petite appréhension, vu qu'il s'agissait d'une de nos premières interviews ! :)


 

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Mots-Clés : karen strassman, voice acting, doublage, otakuthon, interview
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