SpaceX dévoile son vaisseau Interplanetary Transport System (ITS) pour nous emmener sur Mars d’ici 2024 !

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Lors de sa conférence au Congrès International d’Astronomie, qui se tient actuellement à Guadalajara, au Mexique, Elon Musk a révélé ses plans pour son projet (publiquement connu) le plus dingue à ce jour : nous faire voyager sur Mars.

Le projet final de SpaceX serait de construire une flotte entière de vaisseaux pouvant transporter entre 100 et 200 personnes, jusqu’à la Planète Rouge et même au-delà. Les membres du projet ont déjà dessiné les plans de ce vaisseau unique en son genre, et ont déjà réfléchi à des systèmes de ressources (alimentaires mais aussi de carburant, pour les machines) qui seraient placés dans l’orbite de Mars, afin d’assurer la survie de la mission de colonisation, mais aussi de réduire considérablement les coûts de l’exploration spatiale.

Musk a évidemment donné beaucoup de détails concernant le projet de sa société. Le vaisseau, renommé Système de Transport Interplanétaire (et non plus Transporteur Colonial de Mars, si on traduit littéralement), fera plus de 50 mètres de long, avec un diamètre d’environ 16 mètres. Accroché à la nouvelle fusée de lancement de SpaceX, BFR (qui signifie Big Fucking Rocket, et je pense que cela se passera de traduction..!), le vaisseau fera plus de 120 mètres de hauteur au décollage. La fusée a une poussée de décollage d’environ 13 000 tonnes (la mission Saturne V avait une poussée de seulement 3 579 tonnes, en comparaison, donc autant vous dire que cette chère BFR mérite son nom). Une fois en orbite, le vaisseau sera alimenté par un vaisseau d’alimentation (qui lui ressemble assez en termes de design), et il lui faudra aussi l’énergie de 200 kW de panneaux solaires pour assurer son voyage jusqu’à la planète rouge.

Dans un futur idéal, Musk compte envoyer plus de 1000 vaisseaux sur Mars, car il estime qu’un million de personnes est nécessaire pour construire une nouvelle civilisation sur Mars. En expliquant cela, il a évidemment fait référence à Battlestar Galactica. Mais, s’il est ambitieux, le génie a avoué que, selon lui, plusieurs décennies, sinon un siècle entier, seraient nécessaires pour que ce projet porte réellement ses fruits. De plus, cela demande une participation bien plus grande que celle de SpaceX, et il espère sincèrement que des groupes privés et des gouvernements vont l’assister.

« Évidemment, ce sera un vrai challenge de financer tout ce projet. On s’attend à générer un pécule assez décent en envoyant plusieurs satellites pour aider la station spatiale de la NASA » Musk expliquait. « De plus, je sais qu’il y a de multiples personnes dans le secteur privé qui sont intéressées par le projet et ont envie de nous aider à financer notre base sur Mars. Enfin, il y aura, je l’espère, un certain intérêt pour les gouvernements à nous aider. Avec un peu de chance, ce sera un énorme partenariat entre privé et public. »

Le milliardaire a ajouté que, selon lui, la première étape consiste à réduire le prix du billet pour Mars d’environ 5 millions de pourcent, afin de le rendre "aussi peu cher" qu’une maison basique aux Etats-Unis (cela fait à peu près 200 000 dollars, donc environ 180 000 euros). Pour cela, SpaceX va se concentrer sur du carburant réutilisable, et sur des vaisseaux d’alimentation qui seront en orbite autour de la planète, créant du propergol (agent propulseur) pour les vaisseaux. Musk a choisi d’utiliser du méthane pour ses vaisseaux, car il serait plus aisément productible sur Mars.

SpaceX a dévoilé une vidéo-concept de leur mission Martienne. Musk a ajouté que la version finale du projet ressemblerait beaucoup à ces designs faits sur ordinateur, puisqu’ils ont créé ces concepts à partir de la banque de donnée de leur département de Recherche et Développement. Il a également noté que SpaceX a utilisé sa capsule Dragon comme base d’expérimentation pour la technologie du vaisseau final, puisque leurs systèmes sont semblables.



Dans un même temps, SpaceX va travailler sur l’envoi de leur capsule Dragon, qui décollera en 2018. La compagnie l’a comparée à un « train quittant la station » pour préparer le terrain aux futures missions.

Le premier vaisseau va transporter son propre propergol, afin de mettre en marche le système de création de carburant dès leur arrivée sur Mars. Mais le système sera sans doute amélioré pour les prochaines missions. Le trajet durera environ 115 jours (le minimum estimé est de 80 jours, et le maximum de 150 jours), ce qui revient à environ 3 mois et demie.

Pour les âmes courageuses qui s’aventureront dans l’une de ces premières missions, Musk a précisé qu’il y aurait évidemment de gros risques (notamment le fait d’être les premiers humains à « coloniser » une autre planète). Néanmoins, il a mis l’accent sur l’aventure extraordinaire qu’implique une telle exploration.

« Êtes-vous prêts à mourir ? Si c’est bon, alors vous êtes un candidat pour l’aventure. C’est moins une question de qui y va en premier. Le truc qui importe, c’est de construire une civilisation sur Mars capable de se sustenter de manière indépendante, et le plus rapidement possible. C’est différent d’Apollo. Il faut vraiment minimiser les risques existentiels et avoir un réel sens de l’aventure. Je pense que cela serait la chose la plus inspirante que je puisse imaginer. La vie ne doit pas se concentrer sur les tracas quotidiens. C’est bien plus que cela. Vous devez vous réveiller le matin et être enthousiaste, excité, à propos du futur, et être inspiré, et avoir envie de vivre. »

Si cela ne vous a pas donné envie de vous joindre à cette mission incroyable (moi, en tout cas, si), vous pouvez au moins regarder les projets de colonisation martienne de SpaceX, à travers cette vidéo intitulée « Faire de l’Humain une espèce Interplanétaire ».



 


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