De la Wii U à la Switch : bilan et avenir de Nintendo

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Et si la Wii U n’était pas une si mauvaise console, loin de là, et que Nintendo était plus en avance qu’on ne le pense ? La Switch arrive, et Nintendo est attendu au tournant.

Commençons par revenir sur la Wii U et en faire son bilan. On clame souvent qu’elle est un échec pour big N : graphismes en retard, peu de ventes, toujours les mêmes licences, voilà les trois arguments que l’on entend le plus souvent. Et effectivement, d’un point de vue graphismes, si Nintendo était en avance à l’époque de la Gamecube, aujourd’hui, ses jeux sont visuellement moins avancés que ceux de la concurrence Sony et Microsoft, et il n’y a qu’un an entre la sortie de la Wii U (novembre 2012) et celle de la PS4 (novembre 2013). Ceci étant, il ne faut pas se sortir de la tête une chose, c’est la résolution et le framerate. Faites tourner vos jeux, et vous verrez une Wii U qui fait tourner tous ses jeux, ou presque, en 60 FPS à 1080p natif, et une PS4 qui peine à atteindre le framerate annoncé et une résolution native décente.

Nintendo a fait le choix de proposer des jeux qui tournent facilement, sans aucun ralentissement, et personnellement, je préfère cela. Et si visuellement, les jeux ne sont pas aussi beaux, ils n’en restent pas moins agréables à regarder et à jouer (Bayonetta 2, Xenoblade Chronicles X, Rayman Legends, Donkey Kong Country, …), à quelques exceptions prés (ah, Star Fox, ton gameplay est jouissif, mais visuellement, t’es moche). La plupart du temps, les jeux ont une telle personnalité que l’on oublie le reste de toute façon.

Oui, mais justement, Nintendo vend toujours les mêmes jeux, Mario, Zelda, etc, et n’innove pas dans ses licences. Certes, Nintendo innove moins que les autres constructeurs, mais il ne faut pas oublier que ces derniers font appels à des éditeurs tiers, ce qui permet de multiplier les licences, mêmes si CoD, Battlefield, FIFA et bien d’autres sont là et restent ce qui vend le plus avec toujours le même gameplay… Alors que Nintendo va développer sans tier des sortes de sous licences : vous ne jouerez pas au même jeu si vous essayez deux Zelda différents : Twilight Princess vous impose de passer d’un monde à l’autre constamment et changeant votre apparence, en évoluant dans des plaines verdoyantes, tandis que The Windwaker vous invite à naviguer à travers un océan immense, parsemé d’îles et d’îlots, sur lequelle vous devrez utilisez les vents à votre avantage et résoudre des énigmes avec les informations obscures que l’on vous transmet. Et qui peut dire que Super Mario Sunshine et Super Mario Galaxy ou Super Mario Maker sont les mêmes jeux ? Enfin, est-ce que ça enlève le fait que Nintendo produit de bons jeux ? Non ! Sur PS4, je me tâte avant de claquer 60-70 boules dans un jeu, de crainte d’être déçu. Sur Wii U, je sais que je peux sans risque dépenser mon argent.

Malgré tout, la console a fait un échec commercial : en effet, par rapport à la Wii (plus de 100 millions de machines vendues) ou la PS4 (57 millions) la Wii U fait peine à voir avec ses 13 millions… Mais gardons à l’esprit que le jeu le plus vendu de la PS4 est un jeu multi-plateforme au gameplay aussi nouveau que la manette playstation elle-même : Call of Duty Black Ops III. Bon, je suis méchant, le jeu le plus vendu de la Wii U c’est Mario Kart 8, et niveau gameplay, c’est pas neuf non plus… Pardonnez ma médisance. Mais au moins, Mario Kart est exclusif à Nintendo, et si ¼ des joueurs Sony possèdent CoD, ce sont les 2/3 des détenteurs de Wii U qui s’amusent sur les routes du Royaume Champignon. Et sans avoir à payer d’abonnement pour jouer en ligne en plus. Donc la machine est un échec commercial flagrant, probablement dû à trois facteurs : un manque de jeux à la sortie, une mauvaise communication et une non réédition des jeux, laissant dans les magasins spécialisés un rayon vide pour la console. En effet, la machine aura souffert de son nom et les gens y voyaient peut-être trop une Wii bis.

Pourtant, la mémère était sympa à jouer, mais le gamepad a été perçu comme un simple gadget inutile qui ne faisait même pas de HD. Et en effet, je n’ai jamais aimé jouer uniquement sur le gamepad, en revanche, il fait une très bonne manette : accès aux menus plus fluides, un écran tactile qui permet de gérer le jeu de façon très rapide et intuitive, un gyroscope assez fiable : le gamepad a su proposer des expériences de gameplay assez prenantes et immersives, et je pense toujours que la machine méritait mieux… Au moins, Nintendo essaye de faire de nouvelles choses, quand les concurrents proposent de nouvelles consoles avec les mêmes jeux qu’avant, mais en plus jolis, et sans innovation de gameplay. De là à qualifier Big N de gros studio indé et avant-gardiste, je ne sais pas, mais j’ai l’impression que c’est une possibilité d’avenir pour la firme.

Et la switch ?

Image de présentation de la Switch par Nintendo

La suite pour Big N, c’est le 03 mars 2017, avec la sortie de la switch. Et l’avenir semble moins nuageux avec une machine dont les précommandes sont d’ores et déjà importantes et ravissent la firme japonaise qui compte déjà doubler sa production. Le online payant avait d’abord fait peur aux aficionados, mais la révélation de son prix et de ses avantages ont vite rassuré tout le monde : 25 euros maximum, avec des jeux offerts tous les mois sur la console virtuelle, et cette dernière jouira des fonctionnalités online. Sans aucun doute, avec le temps, des jeux Switch plus humbles que les grosses productions seront offertes. Un service similaire au PS+ à moindres frais donc, pour une console moins chère (pour rappel, son prix de vente est de 300 euros) et des promesses de jeux très fortes.

La switch semble avoir toutes les chances de redresser la firme qui, sans être au bord de la ruine, appréciera le succès qui semble promis à la machine hybride. Quand on voit que la collector de Breath of the Wild a été épuisée en quelques heures à peine, difficile de s’inquiéter réellement.

Les joueurs auront été rassurés également sur les capacités graphiques de la console grâce à un trailer qui a exposé un Skyrim tournant sur la machine. Si les joueurs n’achèteront probablement pas la console pour ce jeu, on sait au moins que cette dernière sera proche des autres machines de la génération actuelle. Mais ce qui va séduire, c’est l’aspect hybride : fixe et portable à la fois, il sera possible de jouer à nos jeux favoris dans les longs trajets, et même en multijoueur. Certes, l’autonomie est limitée (on parle de 4 ou 5h max), mais si on peut brancher la console sur l’allume cigare, ça me va. Le système de manettes 2en1 n’est pas inintéressant : le joueur solo aura une paire de joycons et dans les jeux à deux, pas la peine d’en racheter, il suffira de laisser un joycon à chaque joueur.

Un aspect qui aura laissé certains joueurs perplexes, c’est le retour à la cartouche. Pourquoi y revenir quand le format disque est si implanté ? Le Blu-ray et le dématérialisé semblent devenus des standards, et la cartouche pour console de salon a disparu depuis plus de 20 ans. Un jeu occupe en moyenne 15 à 30 Go, donc le plus souvent, un blu-ray à couche simple est suffisant. Une telle taille de jeu rentrerait-elle dans une cartouche ? Si votre carte SD peut accueillir 32Go de mémoire, une cartouche de jeu aussi. Les rumeurs disent aujourd’hui que les cartouches de la Switch seraient de 16Go, taille recommandée. Mais rien n’empêcherait la production de cartouche 32 ou 64 Go. Pour la question de la mémoire, difficile de répondre pour le moment. Ce que l’on sait, c’est que le coût de production d’une cartouche est plus élevé avec sa capacité et que si Nintendo veut proposer des cartouches 32 ou 64 Go, il va d’abord falloir améliorer la technologie de production. Cependant, la cartouche a des avantages oubliés mais non négligeable : les temps de chargement sont globalement bien moins long et se compte en poignée de seconde (à quelques exceptions près, mais Monster Hunter est un portage plus sympa sur Wii U que sur 3DS). Pas d’installation nécessaire non plus, donc il suffira de mettre sa cartouche et de jouer. Enfin, cela explique les 32Go de la console : pas de jeu installé dessus, ni de sauvegardes : celles-ci seront sur les cartouches, en tout cas, c’est le plus probable. Donc en somme, le format est assez avantageux et plus confortable pour les joueurs et est évolutif, ce qui va permettre à la firme d’améliorer ses jeux avec le temps. Qui sait si les boites de jeu n’indiqueront pas simplement la capacité de la cartouche contenu ?

Et donc ?

La console devrait permettre de renouer avec le public, et tout a été pensé pour : design, catalogue, mode multijoueur, rien ne semble avoir été laissé au hasard, et l’échec de la Wii U aura permis à Nintendo d’apprendre sa leçon pour revenir en force. Cependant, il sera difficile de revenir aux 100 millions de ventes de la Wii, mais à terme, Big N pourra espérer 3 millions au terme de la première année, voire plus, et une fois le catalogue bien rempli, certainement dépasser les 25 millions d’ici 2022. Mais l’autre avantage dont bénéficie la console, ce sont les éloges qui viennent de partout : développeurs, designers, la Switch semble déjà avoir séduit la sphère pro. Il faut encore attendre les premières expériences des joueurs qui seront décisives, mais pour ma part, je ne suis pas particulièrement inquiet.




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Mots-Clés : nintendo, wii u, switch, geek, console, 2012, 2017,

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