Rencontre avec Luc Besson à l'occasion de la sortie de Valerian et la cité des mille planètes

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Hier soir, lors d’un évènement créé par le ComicCon de Montréal, nous avons pu rencontrer le réalisateur Luc Besson autour d’une discussion concernant son prochain film : Valérian et la Cité des Mille Planètes…

Après avoir dévoilé des images exclusives de son nouveau long-métrage aux quelques chanceux qui ont pu assister à l’évènement, Besson a pu répondre aux questions de ses fans, concernant une œuvre qu’il prépare, en fait, depuis bien longtemps.

Un peu d’histoire…

Tout d’abord, le réalisateur de Lucy a expliqué qu’il est, depuis son plus jeune âge, un amoureux de la bande dessinée Valérian, créée par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. Aussi, lorsqu’il a travaillé sur Le Cinquième Élément avec ce dernier, on lui a souvent demandé pourquoi il ne désirait pas créer un film à partir de la bande dessinée qui avait marqué son enfance. Mais, à l’époque, Besson considérait que la technologie en matière de réalisation et d’effets spéciaux n’étaient pas assez performante pour pouvoir servir à une œuvre telle que Valérian.
Il précise alors « Dans Valérian, il y a une dizaine d’humains et 3000 aliens ! C’était impossible à représenter à l’époque ! » De ce fait, son projet est resté en suspens dans son esprit pendant plusieurs années.

Cependant, il y a une dizaine d’années, Besson revient sur Valérian et commence à écrire un premier scénario. Quelques mois après, alors qu’il se rend au cinéma un soir de décembre, il fait une rencontre plutôt exceptionnelle qui va changer sa vie, et surtout celle de son projet : Avatar. Le réalisateur expliquait alors « Je suis sorti de la salle de cinéma, je suis rentré chez moi, et j’ai jeté mon scénario à la poubelle car j’ai compris que j’étais loin d’une œuvre comme celle de Cameron. » Luc Besson reprend alors le script qui le taraude depuis plusieurs années, mais, cette fois, en ayant réalisé que, désormais, tout (ou presque) est possible au cinéma.

Un nouveau long-métrage…

Le projet Valérian était donc lancé, alors même que Lucy n’avait pas encore vu le jour. Besson en parla évidemment aux deux créateurs de la bande dessinée, qui furent immédiatement ravis de son idée, et se lança alors dans cette nouvelle œuvre. Pour la création graphique des mondes de Valérian, le réalisateur organisa un concours international dans plusieurs écoles de graphismes, et sélectionna cinq étudiants (sur plus de 6000 candidatures) afin de travailler avec lui sur le projet. Il expliquait alors qu’il avait fait en sorte de travailler individuellement avec chacun d’entre eux afin que la création soit plus naturelle, et non influencée par celle des autres. Pour les costumes, il opéra le même type de concours, et sélectionna plus d’une vingtaine de jeunes artistes qui participèrent à la création des 2000 costumes du film.

Le rêve d’enfant de Besson se réalisait, puisqu’il était sur le point de mettre en images l’œuvre qui l’avait séduit dès son plus jeune âge. A ce propos, le réalisateur du Grand Bleu nous parlait, hier soir, de ce qui a été, pour lui, le moment le plus émouvant du tournage.
« Nous avons pris Pierre Christin et Jean-Claude Mézières sur le plateau, et je les ai fait rentrer dans le vaisseau. Ils étaient totalement émus, ils ne savaient pas où se mettre. Ils ne disaient presque plus rien. Et puis à ce moment-là, Cara Delevingne et Dane Dehaan sont arrivés en costume de scène, pour les saluer, et j’ai vu dans les yeux des dessinateurs qu’ils étaient comme des gamins : ils voyaient Valérian et Lauréline prendre vie pour la première fois ! »
Et pour ceux qui s’inquiètent de voir leur bande dessinée préférée adaptée en long-métrage, Besson a ajouté que Christin et Mézières ont vu le film, et l’ont beaucoup aimé. En somme, les fans ne devraient pas être déçus quant à la dimension « adaptation » de Valérian.

Valérian, et après ?

La question qui a beaucoup brûlé les lèvres lors de l’évènement d’hier, est celle des séquels. Nombre de fans demandaient à Besson s’il comptait faire des suites à ses films (dont les fins sont souvent un peu « en suspens »), et, surtout, s’il y en aura une à Valérian. A ce propos, le réalisateur a déclaré que l’avenir de Valérian dépendait du public, et de la réception du film. Toutefois, il a avoué avoir déjà préparé les deuxièmes et troisièmes opus, en cas de succès. De plus, il a ajouté que, selon lui, ce projet est un pari risqué, puisqu’il s’agit d’amener à Hollywood un film de science-fiction qui n’est « ni un Marvel, ni un DC, ni un Disney » car, si les spectateurs se lassent parfois de voir (trop) souvent des suites aux films qui ont du succès, ils sont plus rassurés de payer un billet de cinéma pour un film dont ils connaissent la licence. Et c’est sans doute ce qui empêche à de bons films un peu plus indépendants de se faire connaître, face aux géants des blockbusters actuels.

Toutefois, s’il dit vrai et que beaucoup se rassurent en allant voir des films issus de grandes licences cinématographiques, je me permettrais de dire qu’un film signé par le réalisateur de Léon ou du Cinquième Élément est tout aussi prometteur à mes yeux, si ce n’est plus…




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