Interview de Cédrik Jurassik, vulgarisateur scientifique sur YouTube

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Lors du Geek Touch 2018, nous avons eu la chance de nous entretenir avec le youtubeur Cédrik Jurassik que l’on connait notamment pour son travail en tant que vulgarisateur scientifique en paléontologie.

Dans l’univers, rien ne se perd, tout se transforme. Imaginez le monde dans 65 millions d’années. Imaginez les générations futures et leur travail sur la plateforme de vidéo streaming à la mode parlant de notre génération. C’est ce que fait Cédrik Jurassik en racontant la vie à l’époque du jurassique en s’intéressant notamment aux espèces disparues.

Pause Geek : Alors Cédric, qu’est-ce qui t’a poussé à lancer une chaîne YouTube consacrée à la vulgarisation scientifique liée à la paléontologie ?

Cédrik Jurassik : le fric.

(rire)

Non je déconne, fallait pas que je dise trop de conneries dès le début... On va attendre un peu.

(rire)

Non en fait c’est parce que j’avais déjà une chaîne avec un pote à moi y a trois ans, on parlait de nanar donc rien à voir, enfin si, il y avait des nanars sur les dinosaures donc j’étais content, et on a dû arrêter parce que lui est parti à Paris et moi je suis resté à Nantes sauf que ça me manquait de ne plus faire de vidéo, du coup je me suis dit « j’ai envie de faire des vidéos sur une de mes passions » et bim les dinosaures, en gros c’est ça.

Et d’où vient cette passion pour les dinosaures ?

C’est une bonne question, je ne sais pas, j’ai demandé à mes parents et ils savent qu’à partir de 2/3 ans j’étais déjà dedans.

Ils t’ont offert trop de jouets, peut-être Toy Story avec le T-Rex ou le film Jurassic Park?

Je suis plus vieux que ça attention (rire), je ne sais pas si vous vous souvenez d’une revue des années 90, c’était avec des dinosaures et tu avais des lunettes 3D et je pense que cela vient de là.



Donc ton parcours professionnel n’est pas du tout lié à la paléontologie ?

Absolument pas, rien à voir, même si j’ai voulu être paléontologue forcement et puis après j’ai vu les longues études et je me suis dit non, car je suis très mauvais en matière scientifique et puis avant de voir un os de dinosaure, c’est 5 années de biologie, géologie, etc...

Du coup tu n’en as jamais vu en vrai ?

Si, mais c’est pas moi qui les ai trouvés, ils étaient dans des musées, mais j’ai vu de vrais dinosaures puisqu’il y a les oiseaux et oui attention.

(rire)

Du coup, comme tu n’es pas paléontologue toi-même, quelles sont tes sources d’informations ?

Internet, pas mal de livres aussi.

C’est donc beaucoup de recherche ?

Oui et je crois que c’est la partie que je préfère. Cela va faire un peu prétentieux, mais il y a beaucoup d’information que je sais déjà, je regarde tout le temps des documentaires et je retiens facilement alors que le reste je ne retiens pas. Et maintenant je suis beaucoup en contact avec des Youtuber passionnés, on s’appelle le paléotube, on est souvent en contact, quand on a besoin d’information et il y a des paléontologues dedans, des vrais, pas des escrocs comme moi (rire).



Vous avez donc créé un réseau de passionnés ?

C’est exactement ça, comme ça, si on a besoin d’information, de recouper nos sources, etc... On s’aide aussi de beaucoup de sources anglophones.

Combien de temps prends-tu pour faire une vidéo complète ?

C’est aléatoire, cela dépend de l’espèce traitée. Sois je trouve tout directement et après j’ai juste à le refaire à ma sauce, soit j’ai que 5 lignes d’information et du coup je dois tout chercher par moi-même et c’est forcément plus long, et pareil si l’espèce n’est pas connue, j’ai plus de recherche à faire encore, tout cela influe sur la durée de la vidéo. En moyenne je dirai 1 à 2 semaines.

Et tu ne fais pas cela à plein temps ?

Non, j’ai un boulot à côté.

Où te vois-tu dans dix ans ?

Honnêtement, quand j’ai lancé ma chaîne YouTube sur les dinosaures je me suis dit tout le monde s’en fou !

J’ai atteint les deux mille abonnés j’ai pas compris, j’ai atteint les dix mille je me suis dit bon OK j’ai atteint mon quota maintenant c’est que du bonus. Maintenant si je pouvais en vivre, comme beaucoup ça serait cool, bosser chez moi et faire ce que j’ai envie.

Est-ce que tu as un gros projet ?

Sur la chaîne en elle-même, je continuerai si cela me plaît, après qu’est-ce que sera YouTube dans dix ans, c’est une autre question aussi, mais après oui j’ai des hypothétiques projets et ça pourrait me servir de tremplin pour la chaîne, avec une idée de BD sur les animaux disparus par exemple

En parlant de la chaîne, ça a marché très vite ?

Deux ans pour quarante-quatre mille abonnés, après j’ai eu quelques coups de pub ici, par là. Sur YouTube maintenant on ne peut pas se faire tout seul.

Est-ce qu’aujourd’hui tu fais des vidéos avec d’autres Youtuber ?

Oui, avec un groupe de pote. On se parle sur Discord tous les jours, on vient tous d’endroit différent, on a des sujets différents et des façons de faire différentes et c’est plutôt cool de pouvoir se retrouver en vrai comme ça. Ça permet aussi d’avoir des retours différents quand on sort une vidéo avoir si cela leur plaît. On évolue plus facilement en groupe que faire sa chaîne tout seul dans son coin. On s’entraide au niveau du montage et aussi pour le partage c’est beaucoup plus simple. Et on fait, bien sûr, pas mal de featuring où ils apparaissent dans mes vidéos.

Image de Cédrik Jurassik


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