Test du jeu The Evil Within 2 sur PS4 Pro

Jeu Vidéo Écrit par le

Avec le jeu The Evil Within 2, l’année 2017 confirme qu’après Resident Evil 7 et Outlast 2, elle est un excellent cru pour le survival horror. Décryptage.

Attention : Risque de spoiler

« Think different ». Le célèbre slogan de la marque à la pomme aurait très bien pu s’appliquer à The Evil Within 2 tant le titre développé par Tango Gameworks se distingue de sa concurrence directe. Prenant à contre-pied l’orientation exiguë de Resident Evil 7, The Evil Within 2 fait le choix de l’ouverture, a priori surprenant pour le genre. Certes, la série Silent Hill permettait déjà de déambuler dans une ville mais l’aire de jeu proposée ici semble sans précédent d’autant plus qu’un certain nombre de bâtiments peuvent être visités.

Peur sur la ville

Il faut avouer que ce choix a tendance à rebuter au début tant il est contre-nature. La peur est d’autant plus implacable qu’il n’existe pas d’échappatoire. Les classiques du genre au cinéma ou dans les jeux vidéo se déroulent le plus souvent dans des territoires clos (maison ou une de ses composantes comme le sous-sol, la cabane…). La « peur de l’indicible » est liée à ce qu’on ne voit pas ou mal. Or, dans Union, la ville dans laquelle l’inspecteur Sebastian Castellanos, héros du premier épisode, est à la recherche de sa fille Lily, la menace est visible à distance. The Evil Within 2 ne ferait donc pas peur ? C’est plus compliqué que cela.

En effet, tout comme les lieux du premier épisode, Union est une ville imaginaire, sorte de monde « à la Matrix » élaboré par plusieurs cerveaux reliés entre eux. Elle est le fruit du projet STEM conçu par la société Mobius. Par conséquent, lorsque l’ensemble du système devient instable, tout peut arriver. C’est donc bien la peur au ventre que l’on progresse, à l’affût du moindre « bug dans la matrice ». Cela peut se traduire aussi bien par des incongruités comme des bouts de territoires flottant dans les airs (rappelant certains mondes d’Alan Wake) ou l’apparition d’un boss se formant à partir de cadavres. L’enchaînement d’événements dans un univers vaste et cohérent est à n’en pas douter le point fort du jeu. À ce titre, cette suite fait mieux que son prédécesseur où on avait la désagréable impression de passer du coq à l’âne entre chaque niveau.

Image du jeu vidéo The Evil Within 2 de BethesdaImage du jeu vidéo The Evil Within 2 de Bethesda

Un flic à Mikami

Par ailleurs, The Evil Within 2 ne renie pas complètement ses origines. Ainsi, nous sommes quand même souvent amenés à traverser des espaces fermés à la faveur du scénario. Ils sont l’occasion d’affronter des boss malsains ou d’admirer une direction artistique macabre fort inspirée. Il faut saluer le visuel du jeu enfin digne de la génération de console contrairement au premier épisode.

Ce que The Evil Within 2 gagne en cohérence, y compris sur le plan de l’histoire plus linéaire et accessible, il le perd en rythme. Cela ne devrait nous étonner qu’à moitié. En effet, Shinji Mikami, le vénérable Pape du survival horror, n’est plus à la manœuvre. Relégué à la production, il a confié la réalisation de son bébé à John Johanas qui opérait déjà sur les fascinants DLC du premier. Résultat : l’infiltration prend le dessus sur l’action avec un système de jeu qui rappelle The last of us. Il n’y a plus cet aspect « fourre-tout » qui faisait le charme du premier en reprenant toutes les mécaniques du genre et de ses composantes pour les magnifier en séquences d’anthologie. On pouvait aussi bien avancer en catimini comme dans le titre de Naughty Dog que bourriner comme dans Resident Evil 6, sous oublier les possibilités de se cacher « à la Outlast » et quelques originalités de gameplay à l’instar des allumettes.

Ces deux derniers éléments ont été abandonnés dans The Evil Within 2, de même que la possibilité de poser des pièges. Dès lors, on s’amuse moins d’autant plus que le système de combat a été quasiment repris à l’identique. On retrouve cette visée « instable » typique du genre qui en fera rager plus d’un d’autant plus que les munitions ne courent pas les rues, si on peut dire, du moins au début. Cependant, le personnage peut améliorer ses capacités et même en gagner de nouvelles grâce au gel vert ramassé sur le cadavre de ses ennemis. De plus, Castellanos peut crafter ses armes en améliorant leur puissance, leur vitesse de rechargement, la portée…

Image du jeu vidéo The Evil Within 2 de BethesdaImage du jeu vidéo The Evil Within 2 de Bethesda

Solo so low

Au rayon des défauts, nous avons constaté des bugs (non liés au Stem, hélas) qui affectaient les déplacements à la fin du jeu sans compter les plantages assez classiques d’un titre fraîchement sorti. Sinon, les commandes manquent parfois un peu de répondant et certains bugs de collision peuvent agacer. Toutefois, on ne constate rien d’insurmontable dans l’ensemble d’autant plus que le jeu ne pose pas de difficultés particulières en mode normal. Par contre, on peut reprocher un vrai manque d’inspiration à l’approche de la fin (avec des boss recyclés du premier épisode!) comme si le jeu était un peu trop long pour ce qu’il a à proposer. En effet, il faut tout de même compter une vingtaine d’heures pour en venir à bout ce qui est une durée de vie plus qu’honorable pour le genre.

Au final, The Evil Within 2 est une réussite parvenant à renouveler le survival horror tout en s’inscrivant parfaitement dans l’univers créé par Mikami. Il convient de l’apprécier à sa juste valeur tant on peut douter qu’elle connaisse une succession, le jeu se vendant extrêmement mal à l’image d’un certain nombre d’excellents titres solos sortis ces derniers temps (Prey, Dishonored 2…).

Pour le fan de survival horror, l’enfer c’est les autres.


17/20
Les Plus
  • Visuellement très joli
  • Une direction artistique inspirée
  • Une histoire cohérente qui tient la route...
Les moins
  • … sans passionner les foules non plus
  • Moins de passages cultes que son prédécesseur
  • Un gameplay moins riche
Bénéficiant d’une réalisation soignée et d’une histoire cohérente, The Evil Within 2 réussit le pari de la suite respectueuse de l’œuvre originale tout en ayant une identité propre, en grande partie liée à sa volonté de concilier monde ouvert et survival horror.
Thierry

Cet article vous a plu ? Partagez-le avec vos amis


Commentaires

Facebook

Disqus

comments powered by Disqus